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Entre 4 yeux

Voilà, 9 mois de stage en Chine du Sud s’achèvent… pfff, ou plutôt « Aiya », si vous saviez comme il est dur d’écrire ces mots. Bref, donc la Chine, pour l’année 2009-2010, c’est fini. Je ne parle pas de l’année 2010-2011, soyons clairs :D

Au cours de ces 9 mois, j’ai découvert une culture, de nouveaux visages, d’autres façons de fonctionner. Mais pour ne pas faire de cet article un article trop  mélo-drama-nostalgique, je me suis dis qu’une petite confrontation entre nos deux cultures pourrait être intéressante…enfin, surtout une confrontation à 4yeux : que pensons-nous de l’autre ?

Quand je suis revenu la semaine dernière en France, j’ai parlé avec la boulangère et avec la fromagère (eh oui, vie de montagne retrouvée). Quand je leur parlais de Chine, elle me disait : « oh, c’est pollué, et puis ils travaillent beaucoup là-bas ». Une autre m’a dit qu’ils étaient malheureux.

C’est une vision qui est très erronée en réalité. Si un étranger visite Grenoble, peut-il alors conclure que la France est une ville polluée ? Si l’on visite la Mayenne, peut-on dire que nous travaillons tous à la campagne, portons le béret et mangeons la baguette le matin ?

J’ai été en Chine du Sud, de l’Ouest et du Nord, et aucune des grandes villes que j’ai visitées n’était polluée. La propreté n’est pas une notion chinoise mais un fait qu’ils connaissent cependant. La Chine a beaucoup changé et prête une attention particulière à ce que le monde pense d’elle. De ce fait, elle fait attention à son image et l’entretien…mais ne l’entretien pas avec du faux : les rues sont effectivement propre, la pollution moyenne en ville est la même que la pollution urbaines des villes européennes, des milliers de forets sont plantés à travers tout le pays, les véhicules sont contrôlés chaque année pour ce qui est de la pollution,… Après, il est vrai que l’on dit que Shanghai est une ville polluée, je n’y suis pas allé et ne pourrais donc pas parler de ce cas qui me semble différent du reste des grandes visitées : Canton, Chengdu, Hong-Kong, Kunming, Pékin, Shenzhen, …

Pour ce qui est du travail, il est vrai qu’ils travaillent très tard… je finissais le soir, minimum, à 20h …bien que ce fut régulièrement 21h-22h. Je dois avouer qu’aujourd’hui les fonctionnaires français, le public et le privé qui terminent à 16h30, ça me surprend. Je pense qu’on ne se rend pas compte de la chance que nous avons, nous français, chauvins et si souvent râleurs sur nos conditions de vie… les plus horribles mondialement, n’est-il pas ? Si non, alors pourquoi sommes-nous considérés comme les plus grandes gueules du monde ?

Les Chinois travaillent donc beaucoup en termes d’heures mais pas toujours en termes de productivité. En effet, pour une heure de travail, ils vont 10minutes au toilettes, remplissent pendant 5 minutes leur tasse d’eau chaude et prennent environs 5 autres minutes à la boire par intervalles.  Ce qui fait que 1/3 des heures de travail ne sont en réalité pas exploitées. Et je peux vous assurer, qu’ils en passent du temps à boire et aller aux toilettes (=téléphoner, surfer sur QQ,…). Leurs horaires de travail sont de 8h à 12h puis de 1h20 à 5h30-6h (pause de 30minutes pour manger) puis jusqu’à 22h en heure supplémentaire.  La semaine moyenne est de 60heures. Il y a donc 40heures qui sont effectivement consacrées à la production et au travail.

En France, nous avons les 35heures mais arrivons encore à grignoter par semaine, 4h27 (moyenne établie par Management magasine)… faignants ou bons vivants ? Il n’en reste pas moins que la France hurle manquer de temps, d’argent et d’hommes. Mais pourquoi embaucher de nouvelles personnes alors que 4h27 chaque semaine sont déjà perdue ?  4h27, plus d’une après-midi !!!!

Enfin, rassurez-vous, les chinois ne sont pas malheureux mais au contraire bien plus heureux que nous professionnellement : 3 semaines de congés payés, heures supplémentaires comptées, congés maladies,… mais surtout ils ne se suicident pas ! Un chinois qui n’aime son travail ne se tuera jamais pour lui mais le changera simplement. Il démissionnera qu’il ait ou non, un autre travail de prévu à côté. Et je peux assurer, que le chômage, les indemnités, les aides financières,…n’existent pas en Chine dans ces cas-ci. Ma question est donc simple : pourquoi en France, passons-nous notre temps à nous plaindre de nos conditions de travail, de trainer les pieds pour aller travailler sans jamais réellement songer à changer. Bon sens ! Réveillez-vous ! Changez ! Vous voulez une autre vie ? Changez ! Vous ne supportez pas votre travail ? Changez ! Plus facile à dire qu’à faire ? Un chinois vous répondrez : Fang Pi (= de la merde !) Je vous réponds la même chose. Nous avons en France du chômage, les « statistiques » le montre mais nous avons aussi des milliers de postes qui ne sont pas pourvus !

Nous sommes en réalité dans un système bloqué : chacun a une place dans la société, certains ne l’aime pas mais du fait de la non-dynamique professionnelle de changement, personne ne bouge. Chacun reste à sa place, l’aimant ou parfois la supportant. Qu’on m’explique ! Si c’est ça le « rêve français » : travailler 40ans à un poste qui ne nous intéresse et dans lequel, on ne s’épanoui pas. Je ne vois pas l’intérêt de rêver en français !

Bref, passons.Que pensent les Chinois des français? Car jusqu’à présent, c’est surtout ma vision actuelle de notre société que je vous ai exposé.

Pour le chinois de la rue, la France est un pays… Romantique. Il faut au moins une majuscule pour retranscrire l’emphase avec laquelle le terme est prononcé ici. Pour les chinois, la France c’est avant tout la Tour Eiffel, c’est-à-dire un ersatz datant du XIXe siècle de l’Oriental Pearl Tower, directement inspirée de ladite tour, au point que cette inspiration soit totalement affirmée, assumée et même revendiquée (cf. exposition durant 6 mois en 2005 au pied de l’Oriental Pearl Tower de photos de la tour Eiffel, ou encore les photos à l’intérieur de celle-ci encore aujourd’hui, pour ne pas mentionner les tour Eiffel en vente à l’intérieur en tant que souvenir, aux côtés de répliques miniatures de la tour de TV shanghaienne).

Les Français et Françaises sont aussi des gens bizarres, même s’ils témoignent d’un véritable art de vivre. Je ne vous cache pas que les serveurs des restaurants tremblent à l’idée de nous faire gouter le vin chinois…. Pour eux, les Français sont des gens assez feignants, plutôt lents à la détente et pas toujours très fiables tant ils sont capables de discuter des détails sans faire avancer le schmilblick (là-dessus, de nombreux pays seront d’accord, et pas seulement la Chine)…

Seulement les Français ont… le Luxe.

Qu’est-ce que le Luxe ? Sans développer un cours de Marketing, on pourra considérer grossièrement que le luxe est cette intangible plus-value qui réside dans l’image qu’elle procure au porteur de l’objet. Cette image n’a pas de prix, car elle assure à son consommateur tous les droits. Toujours est-il que pour un chinois « moyen », la France aujourd’hui c’est Dior et Vuitton… et 60 millions de feignasses. Et croyez-moi, ce n’est pas si facile à entendre lorsque vous êtes ici mais en y regardant de plus près notre pays… réfléchissez, chauvins !

Pour abréger :

Ce qui me manque:

Les bons petits plats chinois, l’opportunité d’apprendre quelque chose de nouveau à chaque minute, de rencontrer de nouveaux visages, l’immersion totale dans la langue chinoise, la médecine chinoise, le Taïchi, l’impression d’être une star sur laquelle les gens se retournent dans la rue en murmurant « laowai, laowai (l’étranger) », les belles choses de la culture chinoise: temples, calligraphie, services à thés, les paysages, la mentalité…

Ce qui ne me manque pas:

La foule dans les grands magasins, les semaines à -10°C entre deux semaine à 25°C

Ce qui m’a le plus surpris en arrivant:

Les hurlements dans le TGV ! Et le TER d’ailleurs, les voitures qui s’arrêtent aux passages piétons, les français : blancs, avec de grands nez pointus et habillés tout en gris, la non-propreté dans certains rues, l’agressivité et l’ultra-violence présente aujourd’hui en France !


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Parlons Thai

Posted by bdorat on jan 12, 2010 in Excursion

Imaginez-vous en Thaïlande, des plages superbes, un soleil comme jamais un 1er janvier,  des thailandais-es accueillants… et l’appareil photo qui tombe dans l’eau – salée – au tout début du séjour…

Je vous raconte ?

Départ de Shenzhen à 23h30, arrivée à 1h30 à Bangkok… ma correspondance est à 6h15, je décide donc de faire comme beaucoup de gens : trouvez un banc/siège de libre et y passer ma nuit. 4h30 du mat, je change pour la 35ème fois de position, c’est décidé : je me lève et vais promener. J’enregistre pour le vol à destination de … KOH SAMUI !

Koh Samui, un paradis… touristique. Mais un paradis tout de même.  Une eau si bleue, géniale ! Entre de la plongée, de la bronzette et des promenades, la solution pour passer un week-end de détente complet. Oui, quand je vais en Thaïlande… je n’y vais qu’un week-end – y passer une semaine, me donnerait envie d’y rester :D

Le 2nd janvier, direction Bangkok. En bateau puis en car… la Chine n’est pas trop loin de la Thaïlande alors si la Thaïlande pouvait influencer la Chine, un peu, en matière de propreté, je ne dis pas non : cars et bateau, impeccables.

Arrivés à Bangkok – et non Bank of Coke – nous visitons la ville et ses monuments : des temples à ne plus savoir où donner des sous, des portraits du Roi à tout les coins de rue, une ambiance comme j’aime, mélange de chaleur, de foule et de rires – et ils rient les Thaïlandais !

Vivement 2011 !

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Seul

Posted by bdorat on déc 4, 2009 in Au quotidien, Excursion

« Celui qui n’a jamais été seul, même une fois dans sa vie… » voilà un peu le titre de l’article. Enfin, ce qu’il pourrait être. Explication ?

Hier, je vous ai dis que je vous parlerai du fournisseur-ami-tout-ce-qu’on-veut plus tard… et j’ai bien fait d’attendre… voici le déroulement de ma semaine… aujourd’hui (mercredi) a été particulièrement riche en émotions.

Lundi :

  • Arrivée à 9h30 à l’aéroport de Nanchang,  Chine. Je cherche quelqu’un avec une pancarte m’attendant avec un brownie-crème anglaise… J’aurais pus excuser l’oubli de la pancarte, mais le brownie est mal passé. C’est un petit (même s’il est Chinois, je précise) bonhomme qui m’accueille. Sa tête me fait penser à ces mafieux chinois qui se tatouent le corps, égorgent des gens sans raisons,…
  • 12h : On arrive ENFIN à Duchang, Jiangxi Province. « ENFIN », car après 2h30 de route et le même CD-DVD de karaoke, avec 10 chansons seulement… un mal de tête se fait ressentir. D’ailleurs, c’est dommage que, par politesse, en Chine ou en France, on ne dise pas à ceux qui chantent faux… qui chantent faux !
  • 12h30 : A table
  • 14h : A l’entreprise. On ajuste les livraisons, vérifie les quantités, regarde la qualité,…
  • 18h : A table
  • 19h : « Break ». « On » remonte dans la chambre d’hôtel pour se reposer un peu. ON ? Mon fournisseur-ami-… (je vais l’appeler par son nom : Jiang Nan) me suit partout. Ou plutôt, il ne me lâche plus. J’irais bien m’aérer l’esprit un peu, visiter les rues, me reposer en marchant… il ne semble pas comprendre le principe de « seul »
  • 19h05 : Jiang Nam propose de se reposer 1h avant de partir au Karaoké.
  • 19h10 : Sieste terminée, on part rejoindre des « amis » pour aller chanter
  • 23h : Sortie du KTV (Karaoké)
  • 23h30 : JIANG NAN SE CASSE !!! JE SUIS SEUL DANS MA CHAMBRE !
  • 2h10 : Il revient… et me propose de regarder un reportage sur la Chine… je lui fais comprendre que la Chine, grande comme elle est, elle ne disparaitra pas demain.

P1310305L’entreprise de Nacres

Mardi :

  • 6h : j’apprécie le réveil tardif de mon hôte
  • 7h : je tiens debout tant bien que mal, lavé et habillé. Ne me demandez pas si le boxer est sous ou sur le jeans.
  • 8h : A table. Une bonne soupe avec un œuf remâché et quelques poissons peu appétissants, me rappellent que je suis bien réveillé… ce n’était PAS qu’un rêve
  • 9h30 : On arrive à l’entreprise. Boulot
  • 12h : A table.
  • 12h30 : Au boulot. Oui, oui, ils mangent lentement…
  • 18h : je suis crevé et Jiang Nam aussi. Je le supplie (je n’étais pas loin en tout cas) pour rentrer à l’hôtel et se reposer.
  • 19h : Hôtel. Encore une fois, il propose de se reposer 1h.
  • 19h15 : Trois « amis » débarquent dans la chambre d’hôtel, la clope au bec.
  • 20h : Les puants sortent. On va manger…c’est original
  • 00h : Je suis sur mon pc, les écouteurs dans les oreilles (il n’y a que bourré, qu’on les met dans les trous du nez). Jiang Nan dort dans le lit à côté du mien.

blog3Ouvrier perçant le coquillage pour donner une forme à la Nacre

Mercredi :

  • 6h… on s’y fait.
  • 6h à 12h30 comme le mardi.
  • 12h30, on retourne bosser. Je demande à voir où mon fournisseur perce les nacres et me retrouve en plein de village, perdu en pleine Chine. Dans les rues, des chiens aussi nombreux que les vaches,… et malheureusement, ce ne sont pas les chiens qui sont venus me souhaiter la bienvenue en premier.
  • 14h : Une urgence oblige Jiang Nan à me laisser seul. J’hésite entre savourer cet instant de solitude avec mes p’tits vieux du village ou à paniquer en ne sachant pas où je suis.
  • 15h : j’opte pour la panique.
  • 15h30 : un petit vieux arrive en poussant une mobylette. Il me donne un sac et me demande d’aller au village rejoindre Jiang Nam. JE NE COMPRENDS RIEN ! J’appelle Jiang Nam qui m’explique que son frère s’est battu (d’où l’urgence), qu’il faut payer pour le faire sortir de prison, mais qu’il n’a pas assez de sous. Son oncle (le petit vieux) a donc donné des sous pour compléter la mise mais ne sait pas bien conduire.

blogLa « moto », le meilleur moyen pour circuler dans ce pays

  • 15h45 : je file sur les routes cabossées, tordues, de terre,… du Jiangxi.  J’ai mon grand manteau noir qui vole en arrière. Ça doit me donner une allure du tonnerre. Seul inconvénient : j’ai froid aux fesses.
  • 16h20 : j’arrive enfin à destination après avoir été « tout droit, puis à gauche au croisement ». Le croisement fut relatif, le « tout droit » inexistant.
  • 18h : passage à l’appart.
  • 19h : Achat de paquets de cigarettes…
  • 19h20 : Je mange au commissariat… Jiang Nam m’y a trainé sans vraiment me demander. Il m’expliquera plus tard que le fait que je sois français a permis de limiter la casse et de payer une « amende » un peu moins élevée.  Le commandant en chef me demande de m’assoir à côté de lui…
  • 19h25 : le repas commence. On offre à tous les policiers présents un paquet de clopes et une cigarette. Il faut les amadouer. Peu avant, Jiang Nan, me dit en portant deux doigts à la bouche et en mimant un bisou : il faut les baiser, ou c’est eux qui nous baiseront… j’aime cette façon de voir les choses…
  • 19h30 : …ce n’est pas que je suis fatigué mais j’aimerais en finir avec cette histoire. Je me donne à fond et respecte toutes les coutumes. Mieux je ferais, plus vite ça passera. Me voilà donc à enchainer les verres d’alcool, cet alcool de riz à 40°. Je crois en avoir pris 3 en tout. On trinque. Les policiers rient de me voir tenir l’alcool alors que certains sont partis cracher leur tripes et recracher celles du porc mâchées quelques instants plus tôt. On me propose des cigarettes. Je les offusquerais en refusant.
  • 20h50 : le gros lard (pervers au passage, vu les cochonneries qui me racontait à l’oreille) de commissaire est complètement bourré. Il met sa main sur mon épaule et dit : « t’es un bon gars, pour ton ami, on va trouver un arrangement pour qu’il rentre demain ». Sans commentaire.
  • 21h00 : On fait des papiers, on donne des sous discrètement… Le frère sortira demain. Il doit rester là ce soir (je n’ai pas compris pourquoi)
  • 22h20 : Arrivée à l’hôtel. Je ne demande rien, je me déshabille et file sous la couette.
  • 22h30 : N’étant pas assez fatigués,  et Jiang Nan voulant se changer les idées noires de cette journées, il insiste pour aller danser…
  • 23h15 : 4 personnes qui gesticulent dans une salle de 30m², c’est danser ?
  • 23h16 : en fermant les yeux, c’est facile. Je me laisse aller. Il y a 5 personnes autour de moi. 6m² par personne. Je me sens presque serré… Plus sérieusement, ce fut assez spécial mais sympathique de danser avec si peu de gens
  • 00h20 : On quitte la boîte-KTV, et on rentre avec une fille. J’espère qu’il ne va pas me la refiler… au contraire, c’est pour lui. De ce fait, il me dépose à l’hôtel et repart ailleurs. JE SUIS SEUL !!
  • 1h35 : je finis d’écrire cet article

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Cet article est à prendre sur le ton de la rigolade mais aujourd’hui j’ai fais des choses tellement inimaginables. Dans un prochain article, je vous parlerai plus en détail du passage de la prison et de la corruption. Il y a des enfers sans noms, des enfers inimaginables… “There’s too much confusion, It’s all an illusion…”

Enfin, pour le moment : DODO !!!

A bientôt !

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